En cette journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, l’Unapei 92 fait le point sur sa stratégie autour des troubles du spectre de l’autisme et plus largement des troubles du neurodéveloppement à travers le plan d’action en cours de déploiement dans plusieurs de ses dispositifs jeunesse.
Extraits du dossier du trimestre publié dans le dernier numéro du magazine de l’association, le Petit Papillon – Interview de Katuscia Cliquot, directrice du territoire 92 Centre et pilote du projet et Florance Brunaux, cheffe de projet TSA-TND / handicap complexe à l’Unapei 92.
Le paysage de la prise en charge du handicap évolue progressivement
Le plan d’action déployé par l’association se fixe pour objectif de répondre au plus près aux besoins et aux attentes des jeunes accueillis. Parmi eux, des personnes qui présentent un TSA souvent associé au trouble du développement intellectuel (TDI). car, in fine, tous les troubles du neurodéveloppement sont concernés et ces nouvelles manières d’accompagner profitent à tous.
Le projet est né d’un constat partagé : le paysage de la prise en charge du handicap évolue progressivement, avec des jeunes qui demandent un accompagnement plus personnalisé en matière de communication, de stratégies spécifiques d’apprentissage ou encore, de soutien à la socialisation. L’augmentation de la part de la population porteuse de ces troubles, notamment avec l’amélioration des diagnostics, explique en partie cette situation. Selon l’Inserm, la prévalence des troubles du spectre autistique (TSA) serait ainsi de 1 pour 100 aujourd’hui et aurait triplé en 10 ans. Ce repérage, de plus en plus précoce, est porté par les politiques publiques – notamment par la stratégie nationale sur les TND – qui appellent aussi de leurs vœux une meilleure adaptation de la scolarité aux particularités des élèves. De fait, on assiste à une meilleure inclusion scolaire d’une partie des jeunes concernés et à une modification progressive des profils des jeunes accueillis dans le secteur jeunesse de l’Unapei 92. Un tiers d’entre eux seraient ainsi aujourd’hui porteurs de TSA.
Partir des besoins et des attentes
« La stratégie de l’Unapei 92, qui s’inscrit dans un des axes du projet associatif, vise globalement toutes les personnes présentant des troubles du neurodéveloppement. Elle cible surtout la qualité de l’accompagnement. Les spécificités liées à l’autisme demandent d’accompagner différemment mais la dynamique est vertueuse également pour les autres troubles » explique Katuscia Cliquot. L’objectif est de limiter les ruptures de parcours, de favoriser la compréhension des besoins et des attentes des personnes auprès des professionnels. « Ces besoins sont multiples : ils peuvent être par exemple de nature sensorielle, telle que la prise en compte du bruit, de la lumière, la réaction au toucher, ou encore de communication, ou de structuration de son environnement ».
Après une sensibilisation des cadres de l’association à l’été 2024, des groupes à besoins spécifiques ont été mis en place à l’IME Le Fil de Soi, à l’IME du Phare, où tout l’établissement fonctionne selon les principes de l’éducation structurée, à L’Espoir Chatillonnais, qui historiquement dispose de places dédiées aux troubles de l’autisme. À l’IME Fernand Oury, deux groupes avec des enfants à besoins spécifiques en termes de communication mettent en œuvre la communication alternative améliorée (CAA). En 2025, le plan d’action va se poursuivre.
Une approche globale des TND
L’introduction de ces nouvelles approches s’inscrit donc dans un mouvement en marche depuis quelques temps en lien avec les recommandations de bonnes pratiques professionnelles. « Avant on traitait de manière un peu séparée les différents troubles du neurodéveloppement (TSA, TDI, TDAH) » explique Florence Brunaux. « On se rend compte que ce qui fonctionne en termes d’approche éducative structurée dans l’autisme est aussi indiqué dans les autres troubles neurodéveloppementaux et notamment dans la déficience intellectuelle ».
Concrètement, il s’agit de rendre l’environnement plus favorable à l’acquisition de compétences ou au développement de la communication pour les personnes concernées. « Les personnes autistes sont par exemple des “penseurs visuels” : leur présenter des pictogrammes ou des photos leur permet de mieux communiquer ou apprendre. On utilise ainsi des emplois du temps visuels pour que la personne puisse accéder à la structuration de sa journée et donc à son environnement. Cette information concrète va rester, contrairement à une information verbale, et va réduire des phénomènes anxieux. En réduisant l’anxiété on va pouvoir réduire des difficultés de comportement. Et cette stratégie peut être tout aussi efficace pour les personnes avec TDI en permettant par exemple de compenser des problèmes de mémorisation ».
Pour aller plus loin…
- Stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement : autisme, Dys, TDAH, TDI
- La Maison de l’autisme